✸Les séjours de l'ex-reine de Suède en France après son abdication, la fait passer et séjourner à Montchat.

*Kristina Vasa est née le 7 décembre 1626 à Stockholm. Son père Gustave-II Adolf Vasa, réformé est tué lors de la bataille de Lutzen (pendant la guerre européenne de Trente-Ans) alors qu'elle n'a que six ans. Elle est désignée comme héritière. Elle est couronnée en 1650??, mais elle abdique le 6 juin 1654 (avec des rentes contractuelles). Elle commence son périple européen alors qu'elle se convertit au catholicisme. 
Elle meurt à Rome le 19 avril 1689 (à 62 ans). pour en savoir plus 

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*Qui est-elle ?

C’est en 1656 qu’elle fit son premier voyage en France. Le duc de Guise, envoyé à sa rencontre jusqu’à Lyon, en trace un portrait mi-plaisant, mi-admiratif. Le visage est agréable, malgré l’étrange perruque d’homme. La taille n’est pas très grande, mais bien fournie, le bras beau, la main bien faite et blanche quand elle est propre, le défaut de l’épaule trop haute n’apparaît guère. « Elle est toujours fort poudrée, avec force pommade, et ne met quasi jamais de gants. Elle est chaussée comme un homme, dont elle a la voix et quasi toutes les actions. Elle affecte fort de faire l’amazone. Elle a pour le moins autant de gloire et de fierté qu’en pouvait avoir le grand Gustave son père. Elle est fort civile et fort caressante, parle huit langues, et principalement la française, comme si elle était née à Paris. Elle sait plus que toute notre Académie jointe à la Sorbonne... Enfin c’est une personne tout à fait extraordinaire... Elle porte quelquefois une épée avec un collet de buffle. »

Paris et la Cour la trouvent pareillement singulière et séduisante. «La reine de Suède, écrit une dame, m’a paru un fort joli garçon.» Un autre spectateur la dépeint chevauchant à merveille, tantôt habillée en homme et tantôt en femme, quand ce n’est pas un mélange : «Elle portait un collet d’homme avec un mouchoir noué au col à la soldate, avec un ruban noir ; ayant des manchettes d’homme et des souliers d’homme, avec une petite cotte qui ne lui venait que jusque à moitié de la jambe ; pour son train elle n’a que des hommes pour la servir et pas une femme. Si bien que celuy qui lui donne la chemise est un jeune valet de chambre bien fait... Pour ce qui est de son entretien, il est tout à fait charmant, plein de pointes et de rencontres : mais ce qui gâte tout, c’est qu’elle jure à faire hérisser les cheveux...) » Enfin on remarque ses cheveux courts et l’on colporte qu’elle excitait ainsi le coiffeur hésitant : « Coupe, coupe, Jean : veux-tu que j’aye regret à mes cheveux après avoir quitté un royaume.» 

La France lui paraît un séjour si agréable qu’elle y revient l’année suivante (1657). [c'est à cette période qu'elle est logée - à ses frais - à Montchat pendant trois semaines]
Mais à Fontainebleau où elle est logée, elle se débarrasse, non sans cruauté, dans la galerie des Cerfs, de Monaldeschi, son écuyer qui, avant de la desservir, avait peut-être poussé trop loin l’art de lui plaire. Il n’y a guère que d’Alembert pour excuser la liberté de ses mœurs ou plutôt pour ne pas croire à tous les mauvais bruits mis en circulation (…)

extraits du discours La Reine Christine de Suède à l'Académie Française, prononcé à Stockholm le 5 mai 1927, à l'occasion du 25°anniversaire de la fondation de l'Alliance Française en Suède par Henry Bordeaux, délégué de l'Académie Française.  

 

*"Le domaine de Montchal était passé entre les mains de Gaspard et Jean de Laube, seigneurs de Bron, qui le vendirent à noble François Basset, échevin de Lyon (…)" 1635/37 (car procès)

"C'est en 1657 que François Basset reçut dans sa maison-forte de Montchal, lors de son deuxième passage à Lyon, la Reine Christine de Suède.
À propos des passages à Lyon de cette souveraine, nous empruntons à l'intéressant ouvrage de Monsieur Jacquemont, quelques anecdotes résumées ci-après : 
"Revenant d'Italie, la Reine Christine de Suède traversa la France et s'arrêta à Lyon, une première fois le 14 août 1656 où elle séjournat quelques jours.
À la tombée du jour, elle parvint au faubourg de la Guillotière. Elle était accompagnée de l'Archevêque qui l'avait reçue dans la plaine de Saint-Fons, (…) escortée de plus de 1500 bourgeois superbement vêtus et montés. À 9 heures du soir, la royale visiteuse faisait son entrée à Lyon. À la lueur des flambeaux, le prévôt des marchands Guignard s'avançat et, après kes révérences d'usage, commença un discours. La Reine l'arrêta d'un geste : "Messieurs, je suis lasse, je vous prie, à demain les harangues." et dit à son cocher de passer outre. 
Le lendemain, 15 août, elle demanda que les Corps lui parlent fenou à terre. La Ville et le Présidial s'excusèrent disant ne le faire que pour le Roi. Par la suite tout se passa bien. Le 23 août, elle reprit la route pour Paris.

Revenant une deuxième fois d'Italie, elle retraversa la France et arriva à Lyon le 9 août 1657. Elle ne retrouva pas l'empressement qui, naguère, l'avait accueillie.
Les consuls, pour qu'il n'en coûte rien aux finances de la ville, prièrent un ancien échevin, le sieur François Basset de lui prêter sa maison de Montchal.
Le domaine souffrit-il du séjour de la cour de la reine ?… Il adressa une requête au Consulat qui lui accorda une indemnité de 550 £ivres pour le dédommager "de ce qu'il a souffert en sa maison, tant en ses vignes que pour le dépérissement de quelques meubles." La reine quitta Lyon le 28 août.

Elle passa une troisième fois à Lyon, mais son prestige était fort ébranlé et son séjour fut alors de courte durée et à peine remarqué !" extraits de G.Bazin Montchat, Lyon-3°, un Ancien Lieu-Dit de la Rive-Gauche du Rhône 1956 pp33/34

Que venait-elle faire à Lyon ou dans sa campagne ?

 

*documentaire sur ARTE-tv (en rediffusion parfois)